Une Europe forte

L'ère de la mondialisation est révolue. La guerre, la rivalité entre grandes puissances et le nationalisme sont de retour. L'économie n'est plus neutre pour les marchés, les entreprises ou les entrepreneurs. Le géocapitalisme révèle une époque où le développement économique est façonné — et limité — par la géopolitique.

L'ère de la géo-économie repose sur la puissance dure et les émotions nationales. Les États reprennent leur rôle de planificateurs économiques, de protecteurs et de stratèges. Le commerce devient sécurité, le capital se politise, la technologie s'arme. Les chaînes d'approvisionnement deviennent des instruments de pouvoir. Les marchés ne planent plus au-dessus de la politique ; ils y sont ancrés.

Tant dans les pays démocratiques qu'autoritaires, la souveraineté, la résilience et la domination déterminent de plus en plus nettement le cap économique. Le capitalisme n'est plus à l'abri de la géopolitique. Il fusionne avec elle, lui est subordonné, y est intégré, ou mobilisé pour elle. Les entreprises sont happées par la concurrence géopolitique — en tant que champions nationaux, actifs stratégiques ou maillons vulnérables.

La mondialisation promettait que l'économie dompterait la géopolitique.

Le géocapitalisme commence là où la géopolitique dompte l'économie.