Vers l'aperçu

Enfin un fonds souverain de défense

La sécurité et la défense ne sont plus seulement une charge budgétaire, mais une opportunité historique : un moteur de croissance pour l’industrie, l’innovation et la productivité, à grande échelle et porteur d’une large valeur sociétale. Sous la pression de la guerre en Ukraine, des menaces hybrides et d’une relation transatlantique en pleine mutation, un marché européen de la défense plus autonome se forme à vive allure. Dans ce paysage, SFPIM Défense - le nouveau fonds fédéral d’investissement en défense placé sous l’égide de la Société Fédérale de Participations et d’Investissement - est le chaînon manquant : l’instrument capable de mobiliser le capital d’investissement privé et institutionnel au service de l’économie dual-use belge, et de placer ainsi le pays sur la carte européenne. Dans une nouvelle étude, les fellows d’Itinera Julien De Wit et Marc De Vos exposent comment la Belgique peut saisir cette chance - et ce qu’il faut pour ne pas la manquer.

Enfin - mais l’horloge tourne

La Belgique dispose enfin d’un fonds souverain de défense. Cela a pris du temps, trop de temps, et l’horloge tourne. La fenêtre 2026-2027 est étroite : les dépenses de défense s’envolent à travers l’Europe, de nouveaux instruments européens deviennent opérationnels et la Belgique accélère ses propres efforts. Les premiers investissements sont déterminants : ils fixeront la réputation et le pipeline du fonds. Ce qui compte désormais, c’est un redémarrage rapide, avec une gouvernance efficace, un capital suffisant et les bonnes capacités. Disposer d’un fonds est une chose ; en faire un véritable instrument qui change la donne en est une autre.

Les conditions critiques de réussite

Le véritable test ne réside pas dans l’existence du fonds, mais dans son exécution. Pour De Wit et De Vos, les chances de succès dépendent de quelques conditions politiques et de gouvernance :

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Pas de complexité belge. Le fonds a besoin d’une gouvernance claire, d’une coordination forte et d’un guichet unique de fait - pour les entreprises comme pour les co-investisseurs. La fragmentation des compétences et la paralysie institutionnelle constituent la principale menace.

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Rapidité et focalisation de niche. La Belgique doit choisir où elle fait la différence dans la chaîne de valeur européenne - du C4ISR et des drones à la cyber, au spatial et aux matériaux avancés - et s’y engager vite et avec discipline, avec des tickets flexibles et des critères transparents.

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Synergie avec la défense et le gouvernement comme pivot. La véritable opportunité réside dans l’articulation du fonds avec la politique de défense, les achats de défense et la politique étrangère, comme levier d’investissements transnationaux et de coalitions avec les partenaires UE et OTAN (Benelux, France, pays scandinaves).

À ces conditions, SFPIM Défense peut devenir un catalyseur d’une renaissance industrielle belge dans la sécurité et la défense - ancrée dans l’emploi, la technologie et la capacité d’exportation, et soutenue politiquement au-delà des cycles législatifs.

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